lundi 9 janvier 2017

L'univers mystérieux et impénétrable des vols long-courrier

Oubliez les selfies glamour autour des monuments du monde.
Leah vous propose le "selfie chiottes", qui permet de se rappeler avec
mélancolie de ces instants de galère au sein des différents aéroports.
De gauche à droite : Washington Dulles, Londres Heathrow, Francfort.
Salut. Je ne sais toujours pas faire des titres courts, et je vous préviens : j'abuse toujours autant des adverbes.

Il y a peu, j'ai eu l'immense joie de découvrir ce qu'était le voyage outre-Atlantique. Comme j'ai toujours adoré la simplicité, j'ai trouvé un amoureux qui habite à 6789,11 kilomètres de chez moi (de porte à porte - j'aime la précision). J'ai donc dû, par amour, partir à l'aventure. Au passage, j'ai découvert le monde obscur des grands aéroports ainsi que des vols qui durent à peu près une éternité : les vols long-courrier.

Déjà, le nom. Pourquoi on utilise le terme "courrier" alors qu'à aucun moment on voyage avec des petites enveloppes sur le siège voisin ? (Cette blague était, je l'avoue, de niveau Kev Adams). Bref, je m'égare. Etant phobique de l'avion, j'avais pris mes précautions et je m'étais renseignée sur internet avant de partir. Alors oui, on trouve facilement des articles du style "Comment survivre dans un vol long-courrier ?" ou "Petites astuces pour devenir un voyageur aguerri". Ces articles n'aident pas du tout. Non. Sachez que ces vols, au niveau de la pénibilité, se situent entre la prison à perpétuité et le cinquième cercle de l'enfer.

Le matin du départ, j'étais là, seule et perdue, tremblant dans mon legging comfy. Car oui, je me moque des articles qu'on trouve sur internet, mais j'ai quand même suivi le conseil le plus important : s'habiller de façon confortable. Legging épais, t-shirt informe, veste trouvée au rayon homme et Dr Martens. Tel était mon outfit of the day. Je me sentais scandaleusement bien jusqu'à ce que je remarque que tout le monde était super bien habillé. Je ne sais pas qui a imposé cette norme, mais c'est vrai qu'en général les gens dans les aéroports sont classy. J'ai tenté de ne pas laisser des idées négatives croître dans mon esprit en répétant mille fois "body positive Leah", mais une femme super bien foutue est passée devant moi en marchant parfaitement avec ses talons aiguille de 15cm. Ça m'a achevée.

Une fois dans l'avion, j'ai tenté de suivre le conseil "faites vous un plane friend". J'ai donc arboré mon fameux sourire de BN pour tenter d'établir le contact avec les gens assis à côté de moi. Sur chacun des vols (je rappelle qu'aller-retour j'ai pris 5 vols différents, dont 2 long-courriers), ce fut un échec cuisant. Big up à l'homme dont je ne connaîtrais jamais la nationalité mais qui a communiqué avec moi par des gestes, ainsi qu'à l'américaine absolument déjantée qui s'est bu cinq mini bouteilles de vodka avant de s'endormir la bouche ouverte sur mon épaule.


La première fois que je suis entrée dans le gros avion (j'ai mis à peu près 20 minutes à me remettre de la taille de l'engin - allez-y, balancez vos blagues grivoises), on nous a fait passer par la business class. Naïve comme jamais (et non pas sapée comme jamais, compte tenu de comment j'étais habillée - la foule est en délire et lance des bouquets de fleurs sur Leah), je pensais que ces sièges bien spacieux ainsi que ces écrans géants étaient destinés à la plèbe. Que nenni, je me retrouve bien rapidement dans la réalité : welcome to la rangée de trois sièges bien collés. Le pire, toi même tu le sais, étant de se retrouver à la bien bonne place du milieu. Ce ne fut pas mon cas (sauf sur un seul vol), mais j'ai tout de même subi un léger désagrément : le gros con monsieur qui était devant moi a laissé son siège en position allongée tout le long du vol. Même pour manger. Et ce thug ne l'a même pas relevé pour atterrissage. Du coup, je lui ai mis des coups de genou dans le dos. Peut être que lui aussi a un blog et a écrit un article sur "Cette petite conne qui m'a mis des coups de genou dans le dos pendant tout le vol Francfort - Washington".

Durant le voyage, tout le monde vaque à ses occupations et a l'air très détendu. De mon côté, je suis allée uriner sept fois (dont quatre juste pour aller me dégourdir les jambes), j'ai regardé trois films (avec l'écran à deux centimètres de mon visage - merci Jean-Michel Jeneremontejamaismonsiège), j'ai angoissé et je me suis ennuyée. J'avais lu qu'il fallait prévoir de quoi s'occuper, ce que j'avais fait : petit carnet et stylos de multiples couleurs, magazines débiles, musique et mots fléchés à l'ancienne. Malgré tout, le stress aidant, j'avais envie de prendre les commandes de l'avion pour aller plus vite (ça se serait très certainement soldé par un crash) ou encore de danser la macarena au milieu des couloirs. Parce que ne pas pouvoir bouger pendant huit heures consécutives, ça vous change une femme.

A l'aller, j'ai fait l'énorme erreur de ne pas prévoir quelque chose de douillet pour tenter de dormir un peu. Quand je parle de "quelque chose de douillet", j'évoque bien sûr ce fameux coussin de voyage (que j'ai renommé "boudin de cou"). J'avais pour habitude de m'en moquer, mais autant vous dire que j'en ai acheté un dès que j'en ai eu l'occasion (petite pensée pour les 15£ que j'ai raqué pour ce magnifique coussin rouge Ferrari). L'air de rien, ça aide vraiment à ne pas s'auto-briser la nuque lors de l'endormissement. En plus, il était assorti à mon magnifique sac à dos Eastpack et ça m'a donné confiance en moi face à tous ces gens mieux habillés.

Je pourrais continuer à me plaindre et à faire des blagues sur des dizaines d'autre petits détails. Sur les vols long-courrier, on a pas beaucoup de place (sauf si t'es en business class). La bouffe est pas très bonne (sauf si t'es en business class, bis). On finit toujours par s'ennuyer ou être impatient. Ça fait mal aux jambes et au dos de rester assis longtemps. Quand tu es phobique et qu'il y a des turbulences, tu te vois mourir mille fois. Mais malgré tout, la seule chose qu'on ne pourra pas retirer à l'avion, c'est que la vue est vraiment chouette. Et ça te fait presque oublier que tu as payé l'équivalent d'un rein pour traverser l'Atlantique.

*lance des paillettes en forme de cœur et disparaît sur la chanson "A thousand miles" de Vanessa Carlton*





3 commentaires:

  1. Pensée à celles et ceux qui, comme moi, souffrent de maux de têtes atroces lors de vols comme ça. Autant dire que le décès est enviable dans ces situations et que plus jamais je ne sors de l'Europe.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Il y a aussi ceux à qui ça fait mal aux oreilles ;_;
      J'ai de la chance, ça m'arrive pas trop. J'ai plutôt le mal de l'air et je me sens barbouillée parce que j'ai peur ahah.

      Supprimer
  2. bravo Snack Leah pour ce post tout à fait digne de toi gore ,drolatique bien écrit une petite parenthèse de vie ,merci de nous l'avoir partagé , ta plume est tellement différente de ce qu'on à l'habitude "pas évident pour une truite! 'j'ai adoré bien à toi Eric

    RépondreSupprimer

Des avis, des questions ? C'est ici que ça se passe. Soyez mimous please.